| Fièvre |
Simona Maïcanescu, l'imprécation.
"Fièvre" est un moment étonnant de théâtre, à voir, à écouter, à applaudir, à méditer aux Mathurins.
Le texte de l'Américain Wallace Shawn (né en 43) date des années 85-90. C'est une fable sarcastique sur l'horreur économique. Le texte n'a pas vieilli. Le monde, de ce point de vue, n'a pas changé. Tout est plus grave, plus noir. Simplement si l'on peut dire.
On écoute. On ne décroche pas. Il y a là bien des détours, sans doute. La comédienne est d'une tenue fascinante. Elle refuse tout effet. Sobriété et rigueur, répétons ces deux mots qui n'interdisent jamais l'émotion. Et puis on sort de là en souhaitant lire le texte non encore publié...
Le Figaro / Armelle Héliot – 10 février 2010
« Simona Maïcanescu parvient à la perfection du jeu de comédienne : ne plus en être une. Autrement dit, porter le naturel à son paroxysme jusqu’à nous faire oublier que l’on est face à une comédienne disant un texte. Nous voyons une femme, un être humain, notre alter ego nous interpellant, nous parlant simplement. Rarement une actrice aura autant disparu sous la femme. Son jeu est une grande et formidable leçon. »
« Lars Norén pose donc sur scène une comédienne et son texte, sans rien d’autre. De là vient la force du spectacle, qui nous fait entendre magnifiquement le texte. »
Les Trois Coups - 27 janvier 2010
« On ne peut entrer dans "Fièvre" que si l’on accepte de se faire emporter par une vision neuve, décalée, mais définitivement indélébile. »
« Simona Maïcanescu [...] porte avec un feu ininterrompu l’émotion qui la submerge. La comédienne offre une performance atypique parce que loin du jeu et même du théâtre : elle est dans la vie, dans ce monde et porte une parole dont il est rare qu’elle soit dite avec une telle simplicité, une telle vérité, une telle évidence. »« La mise en scène de Lars Norén, dont on comprend qu’il puisse participer à ce projet tant il ressemble à ses propres pièces (la violence en moins) est la plus minimaliste qu’il soit, le maître suédois n’ayant visiblement pas voulu "théâtraliser" le moins du monde le spectacle. »
« Et pour qui découvre ce texte fulgurant et essentiel, il y aura fatalement un avant et un après "Fièvre" : l’étincelle qu’il allume se propagera bien au-delà de la représentation, éclairant d’une perspective nouvelle notre vision du monde et y répercutant l’écho dans nos vies. »
Nicolas Arnstam / Froggy's Delight - 18 janvier 2010
« Il est rare de voir une comédienne s’approprier un texte avec une telle intensité. Simona Maïcanescu a adapté ce monologue de Wallace Shawn et le vit littéralement sur scène, seule. »
« Simona Maïcanescu nous entraîne dans une introspection de la conscience avec candeur et inquiétude. Un voyage intérieur dont on ne sort pas indemne. »
Christiane Passevant / Divergences - 15 janvier 2010
L’injustice brutale et généralisée du monde sur une scène de théâtre, à travers la remarquable interprétation de Simona Maïcanescu, sobrement mise en scène par Lars Norén.
..Simona Maïcanescu, qui a joué dans « Guerre » et « Eaux dormantes » de Lars Norén, réussit ici une performance impressionante. Intranquille, fragile, inquiète, en lutte contre le sentiment d’indifférence qui parfois domine chacun de nous, elle se livre avec toute l’intensité, la capacité schizophrénique et la rage contenue que requiert ce monologue. Car cette parole veut rendre compte sérieusement et profondément de l’âbime qui sépare les riches et les pauvres, les nantis et les exploités privés de dignité et de liberté.
Ce spectacle réunit donc trois talents, trois consciences révoltées, par l’injustice économique « brutale » et « sidérante » qui ravage le monde, trois consciences désirant partager leurs sentiments et leurs pensées à travers le théâtre… Le problème n’est pas la prise de conscience, c’est la mise en œuvre de changements. Simplement là, au théâtre la vérité sincère et nue de l’actrice impressionne. Les mots font réfléchir. Vous y repensez lorsque vous préparerez votre café du matin, repère immuable…
Agnès Santi - La Terrasse - mars 2010
« La formidable comédienne Simona Maïcanescu offre sa magistrale puissance de jeu... »
« On dirait que cette solitaire porte tous les malheurs du monde, qu'elle ne saurait être heureuse tant qu'il y aura quelque part des êtres humains qui connaissent la misère. Elle se demande à haute voix : que faire pour arriver à changer le monde ? [...] Splendide Simona qui EST cette femme. »
La Nouvelle République - 20 mars 2009
FIEVRE . Lars Norén, le grand dramaturge suédois, signe la mise en scène de ce monologue impressionnant. Le texte de l’Américain Wallace Shawn a été composé entre 1985 et 1990, mais il n’a rien perdu de sa violente lucidité…
La grande comédienne d’origine roumaine Simona Maïcanescu – qui l’a joué en anglais – a elle-même traduit et adapté Fièvre. Cela donne à son interprétation fascinante une profondeur bouleversante. On nous parle du monde d’aujourd’hui et questions simples et d’autant plus dérangeantes.
A.H. - Figaroscope - Mars 2010